L'alternance se resserre : l'autre voie pour entrer sur un poste

L'INSEE prévoit 44 000 postes d'alternants de moins d'ici la fin de l'année. Mais la même note ajoute une phrase que personne ne reprend : hors alternance, l'emploi salarié privé, lui, se stabiliserait.

L'INSEE a publié le 10 septembre 2026 sa note de conjoncture. Il y prévoit 44 000 postes d'alternants de moins en six mois, et un chômage à 8,6 % de la population active en fin d'année. Ce sont des prévisions, pas des faits accomplis — mais elles méritent d'être regardées en face. Et dans la même note, une phrase se lit moins que les autres : hors alternance, le reste de l'emploi privé serait quasi stable.

Ce que dit la note, exactement

La note est précise sur le chiffre : l'emploi en alternance diminuerait d'ici la fin de l'année, « avec 44 000 postes d'alternants de moins en six mois ». L'INSEE relie ce mouvement à la réduction des soutiens publics à l'embauche en alternance.

Deux précisions comptent avant d'aller plus loin.

D'abord, le conditionnel. « Diminuerait ». Une note de conjoncture est une prévision, bâtie sur des enquêtes et des modèles. Elle n'a pas le statut d'un chiffre constaté. L'INSEE le sait si bien qu'il publie, dans cette même note, un éclairage sur la qualité de ses propres prévisions passées.

Ensuite, le calendrier. Septembre concentre l'essentiel des signatures en alternance, et le délai légal pour signer laisse plus de temps qu'on ne le croit. C'est maintenant que ça se joue. C'est aussi pour cela que la note tombe à cette date.

Sur le chômage, la prévision est du même ordre : il « continuerait d'augmenter, à 8,6 % de la population active en fin d'année ». L'INSEE avait mesuré 8,3 % au deuxième trimestre 2026. Sur l'année entière, il table sur 52 000 emplois salariés détruits — et, dans le même mouvement, 95 000 emplois non salariés créés.

La phrase qu'on cite moins

Dans la vue d'ensemble de cette même note, l'INSEE écrit : « L'alternance continuerait de se retourner avec la réduction des soutiens publics, tandis que le reste de l'emploi privé serait quasi stable. »

Ce n'est pas une nouvelle éclatante. C'est une information utile, et elle change la lecture. Le repli est concentré sur un canal précis. Le reste de l'emploi privé, selon cette même prévision, tient à peu près. Ce qui se resserre, c'est une porte d'entrée. Pas toutes les portes.

Si vous comptiez sur l'alternance cette rentrée et que ça ne prend pas, ce n'est donc pas le marché du travail entier qui vous ferme la porte. C'est un dispositif qui se contracte. La nuance n'a rien de cosmétique : elle vous dit où frapper ensuite.

Ce que les entreprises disent vouloir faire

Chaque année, France Travail interroge plusieurs centaines de milliers d'établissements sur leurs intentions d'embauche. C'est l'enquête Besoins en main-d'œuvre. L'édition 2026, la 25e, recense 2,275 millions d'intentions de recrutement.

Honnêteté, là aussi : ce sont des intentions déclarées, pas des contrats signés. Elles reculent de 6,5 % par rapport à 2025 — un repli plus mesuré que celui de l'année précédente (-12,5 %). 23 % des établissements prévoient de recruter, contre 24 % un an plus tôt.

Mais le chiffre qui vous concerne le plus est ailleurs : 43,8 % de ces projets sont jugés difficiles par les employeurs eux-mêmes. C'est un recul de 6,3 points sur un an. Cela reste près d'un projet sur deux jugé difficile par celui-là même qui le porte.

Par secteur, l'écart est net.

Secteur | Projets de recrutement | Projets jugés difficiles |

--- | --- | --- |

Santé, social, services à la personne | 322 000 | 54 % |

Hôtellerie-restauration | 319 000 | 44 % |

Commerce-distribution | 264 000 | 36 % |

Industrie | 211 000 | 48 % |

Agriculture | 193 000 | 39 % |

BTP | 143 000 | 65 % |

Transport-logistique | 94 000 | 43,5 % |

Dans le BTP, près de deux projets de recrutement sur trois sont jugés difficiles. Dans la santé et les services à la personne, plus d'un sur deux, sur 322 000 projets.

Posons la question simplement. Face à un poste qu'on n'arrive pas à pourvoir, une entreprise a deux options : attendre le profil déjà formé, ou former quelqu'un qui a la volonté mais pas encore le métier. La première option coûte des mois de poste vide. La seconde demande de l'organisation.

L'autre voie : être embauché sur un poste qu'on ne tient pas encore

Cette voie existe, elle est encadrée, et elle est financée.

Le code du travail définit l'action de formation comme un parcours pédagogique permettant d'atteindre un objectif professionnel, et prévoit qu'elle peut être réalisée en situation de travail (article L6313-2). Autrement dit : apprendre le métier en le faisant, sur le poste, est reconnu comme de la formation à part entière. Une modalité inscrite dans la loi.

C'est ce qu'on appelle l'AFEST — action de formation en situation de travail. L'ANACT, l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail, publie des repères méthodologiques pour la déployer.

Une AFEST n'est pas une simple mise au poste : elle suppose des exigences précises. Analyser l'activité réelle pour la rendre apprenante, désigner à l'avance un formateur ou un tuteur, ménager des temps de recul où la personne revient sur ce qu'elle a fait, et évaluer les acquis à l'arrivée.

Ces temps de recul sont le cœur du dispositif. C'est la différence entre répéter un geste pendant six mois et comprendre pourquoi on le fait.

Ce n'est pas une idée marginale

France Travail annonce consacrer 50 % de ses moyens de formation à des formations courtes avant embauche, notamment via la Préparation opérationnelle à l'emploi. La logique est la même : on ne demande plus au candidat d'arriver déjà formé, on organise l'écart entre ce qu'il sait et ce que le poste demande.

Quand une institution publique redéploie la moitié d'un budget dans cette direction, ce n'est plus une intuition. C'est une réponse assumée à un marché où près d'un recrutement sur deux est jugé difficile.

Pourquoi une entreprise peut y trouver son compte

Mettons-nous une minute de l'autre côté du bureau. Une entreprise qui recrute sans exiger l'expérience préalable n'agit pas par générosité. Elle fait un calcul.

Elle élargit le vivier. Un poste jugé difficile à pourvoir l'est souvent parce que le profil recherché n'existe qu'en petit nombre. Retirer l'exigence d'expérience — et la remplacer par un parcours d'intégration organisé — multiplie mécaniquement le nombre de candidatures recevables.

Elle forme sur ses propres méthodes. Quelqu'un qui apprend le métier chez vous l'apprend à votre manière, avec vos outils, vos clients, vos contraintes. Les méthodes maison sont transmises dès le premier jour, au lieu d'être découvertes en cours de route.

Elle transmet un savoir avant qu'il ne parte. Dans beaucoup d'entreprises, le geste juste est dans la tête de deux ou trois personnes. Organiser la transmission, c'est aussi la sécuriser. Le tuteur qui explique son métier le formalise — souvent pour la première fois.

Elle peut le faire financer. L'intégration structurée par un organisme de formation certifié Qualiopi entre dans le champ de la formation professionnelle. Selon la branche et l'OPCO de l'entreprise, une prise en charge est possible, parfois totale. C'est une possibilité à vérifier au cas par cas auprès de son OPCO, pas une promesse automatique.

Et il reste la part qui ne se chiffre pas. Une personne à qui on ouvre une porte que personne d'autre ne lui ouvrait ne l'oublie pas. Ce n'est pas un argument comptable. C'est un argument quand même.

Concrètement, si vous cherchez cette rentrée

Quelques choses utiles, sans leçon de vie.

Regardez du côté des postes durs à pourvoir. Les secteurs du tableau ci-dessus ne sont pas des seconds choix : ce sont des métiers où l'on manque de bras et de têtes, et où un employeur a une vraie raison de vous écouter même sans expérience.

Dites ce que vous savez faire, pas les cases que vous cochez. Un employeur devant un poste vide depuis quatre mois cherche quelqu'un qui va tenir ce poste dans six mois. Parlez de ça.

Posez la question de l'intégration. « Comment se passent les premières semaines ? Qui me forme ? » Une entreprise qui a une réponse claire est une entreprise où vous allez apprendre. Une entreprise qui n'a pas encore de réponse peut très bien construire ce parcours ensuite : vous avez le droit de poser la question.

Ne prenez pas un refus pour un verdict. Le chômage mesuré par l'INSEE est en hausse depuis plusieurs trimestres. Un « non » aujourd'hui parle du contexte autant que de vous.

Ce que nous faisons, en une ligne

Chez Blossense, on part de là. Les candidats se présentent en vidéo d'une minute plutôt qu'en CV, parce qu'un parcours cabossé passe mal sur une page et bien à l'oral. Et parce qu'être embauché ne suffit pas, nous sommes aussi organisme de formation certifié Qualiopi au titre de la catégorie d'action « Actions de formation » (NDA 84381009238) : nous structurons les 20 premiers jours sur le poste, avec un expert du métier et un référent interne à l'entreprise. Ce parcours peut être pris en charge par l'OPCO de l'entreprise, selon sa branche et ses règles de financement.

Pour les entreprises, déposer une offre est gratuit et sans limite jusqu'au 30 septembre 2026.

Le contexte est ce qu'il est. Il n'empêche pas d'ouvrir des portes — il oblige juste à les ouvrir autrement.

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Sources