Candidature spontanée : quoi écrire dans le mail

Le mail de candidature spontanée en dix lignes : objet, accroche, preuves, demande. Et les chiffres de la Dares sur ce que ce canal produit réellement.

Un mail de candidature spontanée tient en une dizaine de lignes : à qui vous écrivez et pourquoi cette entreprise précisément, ce que vous savez faire, ce que vous proposez, une demande claire. Ce n'est pas une lettre de motivation sans offre, c'est un message court adressé à une personne identifiée. Et ce canal est loin d'être marginal : selon l'enquête Ofer de la Dares, 21 % des recrutements du secteur privé aboutissent par l'examen d'une candidature spontanée.

La candidature spontanée a mauvaise presse parce qu'on l'imagine envoyée à l'aveugle, en nombre. Envoyée ainsi, elle ne donne effectivement rien. Adressée autrement, c'est l'un des deux canaux qui recrutent le plus.

Est-ce que ça marche vraiment ?

L'enquête Offre d'emploi et recrutement, dite Ofer, est menée par la Dares, le service statistique du ministère du Travail. Sa dernière édition, publiée en 2016, porte sur 8 510 questionnaires auprès d'établissements du secteur privé non agricole ayant recruté en CDI ou en CDD de plus d'un mois.

Elle mesure deux choses distinctes : les canaux qu'un employeur active, et celui qui lui a permis de trouver la personne embauchée.

L'examen de candidatures spontanées est activé dans 68 % des recrutements et aboutit dans 21 % d'entre eux. La diffusion d'une annonce, elle, est activée dans 44 % des cas et n'aboutit que dans 15 %.

Deux précisions d'honnêteté, les mêmes que celles que nous posons dans notre article sur le marché caché de l'emploi : ces données décrivent des recrutements de 2015, et elles portent sur le secteur privé uniquement.

Que mettre dans le mail, ligne par ligne ?

Un objet qui dit le poste, pas votre situation. « Candidature, poste de vendeur polyvalent » plutôt que « Recherche d'emploi ».

Une première phrase qui dit pourquoi cette entreprise. Une ouverture de boutique, un chantier, une gamme, une méthode de travail, une implantation. Si cette phrase pourrait être envoyée à n'importe qui, le mail sera lu comme tel.

Deux ou trois phrases sur ce que vous savez faire, au passé et au concret. Pas « je suis motivé et rigoureux », mais ce que vous avez tenu, appris, mené à son terme.

Une phrase sur ce que vous proposez. Un poste, une immersion, un rendez-vous de quinze minutes. Une demande précise obtient une réponse ; une demande vague n'en obtient aucune.

Une clôture avec vos disponibilités et un numéro de téléphone.

Le CV en pièce jointe, nommé avec votre nom et le poste, pas « CV final v3 ».

À qui l'envoyer ?

À une personne, pas à une adresse générique quand vous pouvez l'éviter. Dans une entreprise de moins de dix salariés, c'est souvent le dirigeant. Au-delà, c'est le responsable du service concerné, plus rarement le service des ressources humaines.

Le nom se trouve sur le site de l'entreprise, sur les réseaux professionnels, sur la page d'un événement local. Si vous ne le trouvez pas, l'appel téléphonique pour demander à qui adresser la candidature est en soi une prise de contact.

Faut-il relancer, et quand ?

Oui, une fois, une semaine à dix jours après l'envoi. Une relance courte, qui rappelle l'objet et redit la disponibilité, sans reproche ni insistance.

Au-delà d'une relance, arrêtez. Le silence n'est presque jamais un jugement sur la personne : c'est un poste déjà pourvu, un besoin reporté, un mail perdu. Notre article sur ce qui se passe de l'autre côté après cent candidatures détaille ce mécanisme.

Quelle différence avec une lettre de motivation ?

La lettre de motivation répond à une offre existante et se cale sur ses critères. La candidature spontanée crée l'occasion : elle doit donc être plus courte, plus directe, et dire clairement ce qu'elle demande.

Si vous répondez à une annonce, c'est plutôt notre article sur la lettre de motivation sans expérience qu'il faut lire.

Combien en envoyer par semaine ?

Peu, et bien. Cinq mails adressés à des personnes identifiées, dans des entreprises que vous avez regardées, valent mieux que cinquante envois identiques. Le tri se fait à la première phrase.

Une méthode simple : une liste de vingt entreprises de votre secteur et de votre bassin, cinq par semaine, une relance programmée, et on recommence.

Questions fréquentes

Faut-il joindre une lettre de motivation au mail ?

Non, le mail est la lettre. Ajouter un second document qui répète le corps du message dilue le propos.

Quelle longueur pour le mail ?

Une dizaine de lignes, soit ce qui se lit sans faire défiler l'écran d'un téléphone.

Quand envoyer ?

En semaine, en journée. Le jour exact compte peu ; ce qui compte est de ne pas envoyer au milieu du coup de feu d'un commerce ou d'un restaurant.

Que faire si l'entreprise n'a pas d'offre publiée ?

C'est précisément le cas d'usage. L'enquête Ofer montre que le canal des candidatures spontanées est activé dans 68 % des recrutements, donc bien au-delà des postes annoncés.

Peut-on proposer une période d'immersion plutôt qu'un poste ?

Oui, et c'est souvent plus facile à accepter pour un employeur. La période de mise en situation en milieu professionnel suppose un prescripteur : voyez notre mode d'emploi de la PMSMP.

Est-ce mal vu de se présenter directement sur place ?

Cela dépend du secteur. Dans le commerce, la restauration et l'artisanat, c'est courant. Dans ce cas, venez avec un CV et à une heure creuse.

Sources

Enquête Offre d'emploi et recrutement (Ofer), Dares, service statistique du ministère du Travail, dernière édition publiée en 2016, portant sur des recrutements réalisés entre septembre et novembre 2015 dans le secteur privé non agricole : 8 510 questionnaires complétés. Canaux activés et canaux ayant permis l'embauche, dont 68 % et 21 % pour l'examen de candidatures spontanées, 44 % et 15 % pour la diffusion d'annonces.

Ces données décrivent des recrutements de 2015 et le seul secteur privé non agricole. Elles donnent des ordres de grandeur, pas une garantie de résultat.