CDD d'insertion : qui peut en signer un

Le CDD d'insertion s'adresse aux personnes durablement éloignées de l'emploi : conditions, durée, heures par semaine, salaire et démarche pour y entrer.

Le contrat à durée déterminée d'insertion, le CDDI, est un contrat de travail réservé aux personnes sans emploi qui rencontrent des difficultés sociales et professionnelles particulières. Il se signe dans une structure d'insertion par l'activité économique, pour quatre mois au minimum et vingt-quatre mois au maximum, renouvellements compris, avec au moins vingt heures de travail par semaine et une rémunération au moins égale au SMIC. L'entrée se fait par un prescripteur, France Travail ou une mission locale le plus souvent.

Qu'est-ce qu'un CDD d'insertion, exactement ?

C'est un contrat de travail de droit privé, avec un bulletin de paie, des cotisations et des congés payés, comme n'importe quel CDD. Ce qui le distingue, c'est ce qui vient avec : la structure qui embauche a pour mission d'accompagner la personne pendant le contrat, pas seulement de la faire travailler.

Le CDDI n'existe que dans les structures de l'insertion par l'activité économique. Trois d'entre elles y recourent : les entreprises d'insertion, les associations intermédiaires et les ateliers et chantiers d'insertion (service-public.gouv.fr, fiche « En quoi consiste l'insertion par l'activité économique (IAE) ? », page vérifiée le 8 septembre 2025).

Qui peut signer un CDD d'insertion ?

Le CDDI s'adresse aux personnes sans emploi qui rencontrent des difficultés particulières d'accès au travail. Entrent notamment dans ce cadre les demandeurs d'emploi inscrits depuis vingt-quatre mois ou plus, les bénéficiaires du RSA, de l'allocation de solidarité spécifique ou de l'allocation aux adultes handicapés.

D'autres situations ouvrent aussi l'accès : avoir moins de 26 ans, avoir plus de 50 ans, sortir de l'aide sociale à l'enfance, être reconnu travailleur handicapé, élever seul ses enfants, être sans domicile stable, être réfugié, ou avoir un faible niveau de qualification (même source).

Ce n'est pas une liste à cocher soi-même. C'est le prescripteur qui vérifie l'éligibilité, au vu de la situation réelle.

Combien de temps dure un CDD d'insertion ?

Quatre mois au minimum. Le contrat est renouvelable, dans la limite d'une durée totale de vingt-quatre mois (service-public.gouv.fr, fiche « CDD d'insertion (CDDI) »).

Deux prolongations au-delà de deux ans restent possibles : pour permettre d'achever une formation professionnelle déjà engagée, et pour faciliter l'insertion des personnes de 50 ans et plus ou des travailleurs handicapés. Les personnes de 57 ans et plus peuvent par ailleurs se voir proposer un contrat à durée indéterminée dans certaines structures.

Combien d'heures par semaine, et combien on gagne ?

La durée hebdomadaire est d'au moins vingt heures. Elle peut varier au cours du contrat, sans dépasser trente-cinq heures.

La rémunération est au moins égale au SMIC. Au 1er juin 2026, le SMIC mensuel brut est de 1 867,02 € pour trente-cinq heures par semaine (service-public.gouv.fr, fiche « Smic »). À vingt heures par semaine, le salaire est proportionnel à ce plancher.

Comment entrer dans un CDD d'insertion ?

On ne postule pas directement comme à une offre classique. Il faut d'abord passer par un prescripteur habilité : France Travail, une mission locale, un service social départemental, entre autres. Le prescripteur examine la situation et oriente vers une structure.

L'annuaire public des prescripteurs, par zone géographique, est consultable sur la plateforme de l'inclusion (emplois.inclusion.beta.gouv.fr). Les postes ouverts dans les structures y sont également publiés.

Si vous n'êtes pas encore inscrit à France Travail, c'est souvent la première étape : la marche à suivre est détaillée dans notre article sur l'inscription à France Travail sans avoir jamais travaillé.

Qu'est-ce que le contrat prévoit en plus du travail ?

Un accompagnement socioprofessionnel renforcé : suivi individuel, ateliers de recherche d'emploi, travail sur les freins concrets (mobilité, logement, santé), et une évaluation des compétences acquises avant la sortie du parcours.

Le contrat peut être suspendu pour effectuer une période de mise en situation en milieu professionnel ou une période d'essai chez un autre employeur. Et il peut être rompu avant son terme, sans préavis, lorsque la personne est embauchée ailleurs.

Questions fréquentes

Le CDD d'insertion ouvre-t-il des droits au chômage ?

C'est un contrat de travail de droit privé, soumis aux cotisations sociales comme les autres contrats. Les périodes travaillées comptent donc dans le calcul des droits, selon les règles applicables à tout demandeur d'emploi.

Peut-on se former pendant un CDD d'insertion ?

Oui, et c'est l'un des objets du parcours. C'est d'ailleurs l'un des deux motifs qui permettent de prolonger le contrat au-delà de vingt-quatre mois : achever une formation déjà engagée.

Que se passe-t-il au bout de vingt-quatre mois ?

Le parcours s'arrête, sauf dans les cas de prolongation prévus. L'évaluation des compétences réalisée avant la sortie sert à préparer la suite : emploi classique, alternance ou formation.

Faut-il être inscrit à France Travail pour y prétendre ?

Pas dans tous les cas, mais France Travail est le prescripteur le plus courant. D'autres organismes peuvent orienter, notamment les missions locales et les services sociaux du département.

Le salaire peut-il être inférieur au SMIC ?

Non. La rémunération est au moins égale au SMIC, proratisée selon le nombre d'heures effectuées.

Est-ce réservé aux personnes sans diplôme ?

Non. Le faible niveau de qualification est l'un des critères possibles, mais il n'est ni nécessaire ni suffisant. D'autres dispositifs existent pour qui n'a pas de diplôme.