GEIQ : c'est quoi, comment y entrer

Le GEIQ, c'est quoi et comment y entrer ? Définition, publics concernés, contrats d'alternance et démarches pour candidater, avec les sources officielles 2026.

Un GEIQ est un groupement d'employeurs pour l'insertion et la qualification : une structure, le plus souvent associative, qui recrute elle-même des personnes éloignées de l'emploi, les forme en alternance et les met à disposition de ses entreprises adhérentes. Le GEIQ est donc votre employeur pendant tout le parcours, et l'entreprise dans laquelle vous travaillez est celle qui vous accueille. Pour y entrer, on candidate directement auprès d'un GEIQ de son territoire ou on se fait orienter par France Travail, une mission locale ou Cap emploi.

Qu'est-ce qu'un GEIQ, concrètement ?

Le cadre juridique figure aux articles L1253-1 et suivants du code du travail, complétés pour les GEIQ par les articles D1253-45 à D1253-49, issus du décret n° 2015-998 du 17 août 2015. Le principe est simple : plusieurs entreprises d'un même bassin d'emploi se regroupent, confient au groupement le recrutement et la gestion des contrats, et accueillent ensuite les salariés sur leurs chantiers, en atelier ou en magasin.

La particularité du GEIQ tient à sa mission. Il ne se contente pas de mettre du personnel à disposition : il organise un parcours qui associe du temps en entreprise, du temps en organisme de formation et un accompagnement individuel. Chaque salarié dispose d'un double suivi, celui d'un référent au sein du GEIQ et celui d'un tuteur dans l'entreprise d'accueil. L'objectif affiché est une qualification reconnue à la sortie, puis un emploi durable, le plus souvent dans l'une des entreprises du réseau.

Quelle différence avec un groupement d'employeurs classique ?

Les deux structures reposent sur le même mécanisme de mise à disposition prévu par le code du travail, mais elles ne poursuivent pas le même but. Un groupement d'employeurs classique existe d'abord pour répondre à des besoins de main-d'œuvre partagés, souvent saisonniers ou à temps partagé, et recrute des profils déjà opérationnels.

Un GEIQ, lui, est un groupement d'employeurs qui a obtenu le label « Geiq ». Ce label est attribué par une commission mixte nationale composée de trois représentants de l'État, de trois représentants de la Fédération française des Geiq et d'une personnalité qualifiée qui la préside, selon le cahier des charges fixé par l'arrêté du 17 août 2015. Il n'est jamais acquis définitivement : il se renouvelle chaque année sur examen du dossier. Le label impose au groupement de recruter en priorité des personnes en difficulté d'accès à l'emploi et de les faire monter en qualification. Si vous hésitez entre les deux formules, notre article sur comment postuler dans un groupement d'employeurs détaille la voie classique.

Qui peut être recruté par un GEIQ ?

Les GEIQ s'adressent aux personnes qui cherchent un premier poste, qui sont sans expérience dans le métier visé, en reconversion, sans diplôme ou avec un niveau de qualification insuffisant pour le secteur. L'arrêté du 10 mars 2022, toujours en vigueur en 2026, fixe la liste des publics prioritaires : demandeurs d'emploi de longue durée, bénéficiaires du RSA, de l'allocation de solidarité spécifique ou de l'allocation aux adultes handicapés, jeunes de moins de 26 ans peu qualifiés, personnes de plus de 45 ans, résidents des quartiers prioritaires, personnes réfugiées, sortants de l'aide sociale à l'enfance, entre autres.

Deux précisions utiles. D'abord, être orienté par un prescripteur habilité, c'est-à-dire France Travail, une mission locale ou Cap emploi, suffit à être reconnu comme public prioritaire, sans avoir à fournir de justificatif administratif supplémentaire. Ensuite, ne pas cocher toutes les cases ne ferme pas la porte : selon l'Observatoire 2025 de la Fédération française des Geiq, portant sur l'activité 2024, 88 % des personnes recrutées relevaient des publics prioritaires, ce qui laisse une part de recrutements hors de ces critères.

Quel contrat signe-t-on dans un GEIQ ?

Le parcours passe presque toujours par l'alternance. Sur les contrats signés en 2024, l'Observatoire 2025 de la Fédération française des Geiq recense 75 % de contrats de professionnalisation et 21 % de contrats d'apprentissage, le reste relevant d'autres formats. La durée moyenne d'un contrat s'établit à 343 jours, soit un peu moins d'un an, avec une moyenne de 412 heures de formation par équivalent temps plein.

Le choix entre les deux contrats dépend de votre âge, du diplôme ou du titre visé et du secteur. Notre comparatif apprentissage ou contrat de professionnalisation reprend les critères un par un. Dans les deux cas, vous êtes salarié, rémunéré, et le temps de formation est compris dans le contrat.

Comment entrer dans un GEIQ, étape par étape ?

Première étape : identifier les GEIQ de votre département. La Fédération française des Geiq publie un annuaire en ligne du réseau, classé par région et par secteur. Au mois de mai 2026, elle recense 204 GEIQ pour 382 implantations sur le territoire. Les secteurs les plus représentés sont le bâtiment, l'industrie, la propreté, le transport, l'agriculture, la santé et le médico-social.

Deuxième étape : passer par un prescripteur si vous en avez un. France Travail, les missions locales et Cap emploi orientent directement vers les GEIQ et connaissent les recrutements en cours. Si vous avez moins de 26 ans, la mission locale est souvent l'entrée la plus rapide : notre article sur ce que fait une mission locale et qui peut y aller explique la marche à suivre.

Troisième étape : la candidature elle-même. Les GEIQ recrutent sur la motivation, la disponibilité et le projet professionnel plus que sur le CV. Attendez-vous à un entretien centré sur le métier visé, sur votre mobilité et sur vos contraintes réelles. Beaucoup organisent aussi des réunions d'information collectives ou des périodes d'immersion avant le contrat.

Quatrième étape : l'entrée en parcours. Le GEIQ signe le contrat, organise la formation avec un organisme partenaire et vous met à disposition d'une ou plusieurs entreprises adhérentes. Vous gardez le même employeur même si l'entreprise d'accueil change en cours de parcours.

Que valent les résultats du réseau ?

Les chiffres publiés par la Fédération française des Geiq dans son Observatoire 2025, portant sur l'activité 2024, donnent un ordre de grandeur : 17 182 salariés en parcours sur l'année, 10 335 embauches réalisées et 8 515 entreprises adhérentes. À la sortie, 68 % des personnes ont obtenu la qualification visée et 54 % ont accédé à un emploi durable, entendu comme un CDI ou un CDD de six mois ou plus. Le taux de réussite aux examens atteint 92 %.

Questions fréquentes

Un GEIQ recrute-t-il sans diplôme ?

Oui. Le niveau de qualification insuffisant fait partie des critères de publics prioritaires fixés par l'arrêté du 10 mars 2022. Le diplôme ou le titre s'obtient pendant le parcours, pas avant.

Est-on payé dans un GEIQ ?

Oui. Vous êtes salarié du GEIQ, en contrat de professionnalisation ou en apprentissage, avec la rémunération légale ou conventionnelle attachée à ce contrat et à votre âge.

Le GEIQ ou l'entreprise, qui est l'employeur ?

Le GEIQ. C'est lui qui signe le contrat, verse le salaire et assure le suivi. L'entreprise adhérente est l'entreprise d'accueil, celle où vous travaillez au quotidien.

Le parcours coûte-t-il quelque chose au candidat ?

Non. La formation est intégrée au contrat de travail. De son côté, le GEIQ perçoit une aide de l'État à l'accompagnement, fixée par l'arrêté du 10 mars 2022 à 814 euros par accompagnement et par an, portée à 1 400 euros pour les personnes orientées par un prescripteur habilité ou cumulant deux critères de difficulté. La circulaire DGEFP/MIP/METH/MPP/2026/39 du 3 avril 2026 confirme ces montants pour 2026, avec une enveloppe nationale de 12,88 millions d'euros.

Combien de temps dure un parcours en GEIQ ?

Le plus souvent entre six et vingt-quatre mois selon la qualification visée. La durée moyenne des contrats était de 343 jours en 2024 selon l'Observatoire 2025 de la Fédération française des Geiq.

Peut-on être embauché par l'entreprise d'accueil à la fin ?

Oui, et c'est l'issue recherchée. Le réseau affiche 54 % de sorties en emploi durable sur l'activité 2024, une part de ces embauches se faisant dans les entreprises adhérentes du groupement.