Entreprise d'insertion, association intermédiaire, chantier d'insertion, ETTI : ce que fait chaque structure, quel contrat elle propose et comment y entrer.
L'insertion par l'activité économique, l'IAE, regroupe quatre types de structures qui embauchent des personnes éloignées de l'emploi et les accompagnent pendant le contrat. L'entreprise d'insertion produit des biens et des services marchands, l'entreprise de travail temporaire d'insertion place en mission d'intérim, l'atelier et chantier d'insertion mène des activités d'utilité sociale, l'association intermédiaire met à disposition auprès de particuliers, d'associations ou d'entreprises. On y entre sur orientation d'un prescripteur, pas par candidature directe.
Aux personnes sans emploi qui rencontrent des difficultés sociales et professionnelles particulières. Sont notamment concernés les demandeurs d'emploi inscrits depuis vingt-quatre mois ou plus, les bénéficiaires du RSA, de l'allocation de solidarité spécifique ou de l'allocation aux adultes handicapés.
D'autres critères s'ajoutent : avoir moins de 26 ans, avoir plus de 50 ans, sortir de l'aide sociale à l'enfance, être reconnu travailleur handicapé, élever seul ses enfants, être sans domicile stable, être réfugié, ou avoir un faible niveau de qualification (service-public.gouv.fr, fiche « En quoi consiste l'insertion par l'activité économique (IAE) ? », page vérifiée le 8 septembre 2025).
L'entreprise d'insertion, l'EI, est une entreprise comme une autre du point de vue du marché : elle produit et vend des biens ou des services dans le secteur concurrentiel. Bâtiment, espaces verts, recyclage, restauration, logistique, les secteurs sont variés.
Sa particularité est d'embaucher des personnes en parcours d'insertion et de leur consacrer du temps d'accompagnement. Le contrat proposé est le CDD d'insertion.
L'ETTI fonctionne comme une agence d'intérim, avec la même mécanique de missions chez des entreprises utilisatrices. Le contrat est un contrat de mission d'intérim.
L'intérêt pour qui commence : les missions font découvrir plusieurs entreprises et plusieurs métiers en peu de temps, et chaque mission devient une ligne d'expérience vérifiable sur un CV.
L'atelier et chantier d'insertion, l'ACI, est porté par une structure sans but lucratif et mène des activités d'utilité sociale : entretien du patrimoine, maraîchage, ressourceries, second œuvre. Il accueille souvent les personnes les plus éloignées de l'emploi, avec un encadrement technique rapproché.
Le contrat est un CDD d'insertion ou un contrat unique d'insertion, selon la structure.
L'association intermédiaire, l'AI, embauche puis met la personne à disposition, à titre onéreux, auprès de particuliers, d'associations, de collectivités ou d'entreprises. Ménage, jardinage, manutention, aide au déménagement : ce sont souvent des heures ponctuelles, chez plusieurs donneurs d'ordre.
Le contrat est un CDD d'insertion ou un CDD classique, selon les situations.
Par un prescripteur habilité, le plus souvent France Travail ou une mission locale. Le prescripteur examine la situation, vérifie l'éligibilité et oriente vers une structure.
L'annuaire public des prescripteurs, par zone géographique, et les postes ouverts dans les structures sont consultables sur la plateforme de l'inclusion (emplois.inclusion.beta.gouv.fr).
Un accompagnement socioprofessionnel : suivi individuel, ateliers de recherche d'emploi, travail sur les freins concrets, et une évaluation des compétences acquises avant la sortie du parcours. Cette évaluation est le document le plus utile à conserver : elle décrit ce que la personne sait faire, avec des situations de travail à l'appui.
Est-ce du travail bénévole ?
Non. Ce sont des contrats de travail salariés, rémunérés au moins au SMIC, avec bulletin de paie et cotisations.
Combien de temps dure un parcours ?
Quatre mois au minimum, vingt-quatre mois au maximum en règle générale, avec des prolongations prévues pour achever une formation engagée ou pour les personnes de 50 ans et plus et les travailleurs handicapés.
Peut-on postuler directement à une structure ?
Les offres sont visibles sur la plateforme de l'inclusion, mais l'éligibilité doit être vérifiée par un prescripteur. Le passage par France Travail ou la mission locale reste la voie la plus sûre.
Quelle différence avec un groupement d'employeurs ?
Le groupement d'employeurs partage un salarié entre plusieurs entreprises adhérentes, sans condition d'éloignement de l'emploi. L'IAE, elle, est réservée aux personnes en difficulté d'accès au travail et comporte un accompagnement obligatoire.
Que se passe-t-il à la fin du parcours ?
L'objectif est le retour vers un emploi classique, une alternance ou une formation. L'évaluation de fin de parcours et l'expérience acquise servent à préparer cette étape.