Lettre de recommandation : comment la demander

Aucune loi ne l'impose, contrairement au certificat de travail. À qui la demander, quand, ce qu'elle doit contenir, et ce qu'un ancien employeur peut dire.

Aucun texte n'oblige un employeur à écrire une lettre de recommandation. Le seul document qu'il doit obligatoirement vous remettre en fin de contrat est le certificat de travail, qui se limite à des dates et à des intitulés de poste. La recommandation se demande donc, et elle se demande au bon moment : le jour du départ, pas six mois après.

Certificat de travail ou lettre de recommandation, quelle différence ?

Le certificat de travail est une obligation légale. L'article L1234-19 du code du travail impose à l'employeur de le délivrer à l'expiration du contrat, quels que soient le type de contrat et le motif de la rupture.

Son contenu est verrouillé par l'article D1234-6 : la date d'entrée et la date de sortie, la nature de l'emploi ou des emplois successivement occupés et les périodes correspondantes. S'y ajoute la mention du maintien à titre gratuit de la couverture santé et prévoyance. Rien d'autre, et surtout pas une ligne sur la qualité de votre travail.

La fiche « Certificat de travail » de service-public.gouv.fr, vérifiée le 12 mars 2026, précise ce qui y est interdit : aucune mention discriminatoire, aucune mention de nature à vous nuire, aucune mention d'une clause de non-concurrence. Le défaut de délivrance est puni d'une amende de 750 euros au titre de l'article R1238-3.

La lettre de recommandation, elle, n'est encadrée par aucun texte. France Travail l'écrit sans détour sur sa page consacrée à la recommandation professionnelle : elle « n'est pas obligatoire mais elle peut être très utile ». Conséquence directe de cette absence de texte : un employeur peut refuser, et vous n'avez aucun moyen de l'exiger.

Quels documents devez-vous recevoir à la fin d'un contrat ?

La fiche « Fin de contrat : documents à remettre au salarié » de service-public.gouv.fr, vérifiée le 24 février 2026, en liste quatre :

1. le certificat de travail ;

2. le reçu pour solde de tout compte ;

3. l'attestation France Travail ;

4. l'état récapitulatif de l'épargne salariale, si l'entreprise dispose d'un plan d'épargne.

Point important et mal connu : ces documents sont quérables et non portables. L'employeur n'est pas tenu de vous les envoyer, il doit les tenir à votre disposition dans l'entreprise. C'est à vous d'aller les chercher ou d'en demander l'envoi.

Le reçu pour solde de tout compte mérite une attention particulière. L'article L1234-20 prévoit qu'il peut être dénoncé dans les six mois qui suivent sa signature, délai au-delà duquel il devient libératoire pour l'employeur sur les sommes qui y figurent. Vous n'êtes pas obligé de le signer, et un refus de signature n'autorise pas l'employeur à retenir vos sommes.

À qui demander une recommandation ?

France Travail, sur sa page « Recommandations : comment les demander à ses anciens employeurs ? », donne trois repères :

Préparez plusieurs références plutôt qu'une seule. Et il est fréquent que la personne sollicitée vous demande un premier jet : écrivez-le, elle le corrigera.

Que doit contenir la lettre ?

France Travail insiste sur un point : le contenu doit rester factuel. Chaque affirmation gagne à être illustrée d'un exemple précis, et les adjectifs dithyrambiques desservent la lettre plus qu'ils ne la servent.

Une lettre utile dit qui écrit, à quel titre et pendant combien de temps la personne vous a encadré ; ce que vous faisiez concrètement ; un ou deux faits vérifiables ; et une phrase de conclusion sur ce pour quoi la personne vous recommande. Une page suffit.

Que peut dire un ancien employeur qu'on appelle au téléphone ?

C'est la vraie question, et la réponse est encadrée.

D'abord par le code du travail. L'article L1221-6 limite les informations demandées à un candidat à celles qui présentent « un lien direct et nécessaire » avec l'emploi proposé. L'article L1221-8 impose que le candidat soit informé, préalablement à leur mise en œuvre, des méthodes et techniques d'aide au recrutement utilisées à son égard. L'article L1221-9 ajoute qu'aucune information ne peut être collectée par un dispositif qui n'a pas été porté à sa connaissance.

Ensuite par la CNIL. Son guide « Recrutement », publié le 30 janvier 2023, qualifie explicitement la prise de références de traitement de données personnelles, qu'il s'agisse de références fournies par le candidat ou d'appels à d'anciens employeurs. Le guide précise que « le recours à des techniques d'évaluation "par surprise" ou réalisées à l'insu des candidats » n'est pas conforme, et que, en cas de collecte indirecte, l'information du candidat doit intervenir dès que possible et au plus tard dans un délai d'un mois.

Cela veut dire, en pratique, qu'un recruteur peut appeler votre ancien employeur, mais qu'il doit vous en informer, s'en tenir à ce qui concerne le poste, et que vous pouvez exercer votre droit d'accès sur ce qui a été noté. Comment demander ses données après une candidature explique la marche à suivre.

Enfin, des propos faux et attentatoires à l'honneur tenus lors d'un tel appel relèvent de la diffamation non publique, contravention punie d'une amende de 38 euros selon l'article R621-1 du code pénal, avec une prescription courte de trois mois. La voie civile, devant le conseil de prud'hommes, est en pratique plus utile qu'une plainte pénale.

Questions fréquentes

Mon employeur peut-il refuser d'écrire une recommandation ?

Oui. Aucun texte ne l'y oblige, et vous ne disposez d'aucun recours pour l'y contraindre. Il ne peut en revanche pas refuser le certificat de travail.

Peut-il écrire une recommandation négative ?

Il peut refuser d'en écrire une, ce qui revient au même sans le risque. S'il en écrit une défavorable, c'est votre intérêt de ne pas la transmettre. Les propos faux et dénigrants engagent sa responsabilité.

Faut-il joindre la lettre au CV ?

France Travail conseille de la présenter plutôt à la fin du premier entretien. Vous pouvez la mentionner dans votre candidature et l'apporter le jour du rendez-vous.

Dois-je prévenir la personne avant de donner ses coordonnées ?

Oui, systématiquement. France Travail le pose comme une règle : ne jamais transmettre les coordonnées d'un référent sans l'avoir prévenu, et le rappeler après l'appel.

Le certificat de travail peut-il mentionner que j'étais en formation ?

Il mentionne la nature de l'emploi occupé et les périodes correspondantes. Une période de mise en situation en milieu professionnel ne donne pas lieu à certificat de travail, puisqu'il n'y a pas de contrat de travail.

Et si je n'ai encore jamais travaillé ?

Un stage, un service civique, un engagement associatif ou une formation peuvent donner lieu à une recommandation. Le principe est le même : demander à qui vous a vu travailler. Quoi mettre dans un CV quand on commence traite de la valorisation de ces expériences.

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Sources : code du travail, articles L1234-19, D1234-6, L1234-20, R1238-3, L1221-6, L1221-8 et L1221-9, consultés sur code.travail.gouv.fr ; service-public.gouv.fr, fiches « Certificat de travail » (vérifiée le 12 mars 2026), « Fin de contrat : documents à remettre au salarié » (24 février 2026) et « Solde de tout compte » (30 janvier 2026) ; France Travail, pages « La recommandation professionnelle » et « Recommandations : comment les demander à ses anciens employeurs ? » ; CNIL, guide « Recrutement, les fondamentaux en matière de protection des données personnelles », 30 janvier 2023.